De l’or sur les toits
Cela s’appelle faire d’une pierre deux coups. Samedi matin, la Cofra (Coopérative fruitière d’Aiguillon) a fêté, en présence d’un nombreux parterre d’invités, son demi-siècle d’existence. Un coup d’œil dans le rétroviseur suffisait à mesurer le chemin parcouru depuis qu’un groupe d’arboriculteurs avait créé, en 1961, cette unité de stockage, conditionnement et vente de leurs pommes.
Mais il s’agissait aussi de regarder vers l’avenir : le préfet Bernard Schmeltz a coupé le ruban inaugural de la nouvelle centrale photovoltaïque qui vient d’être construite sur les 20 000 mètres carrés de toiture de la coopérative. À ce jour, la plus grande unité de Lot-et-Garonne.
8 millions d’euros investis Pour mener à bien cette réalisation, la coopérative aiguillonnaise a noué un partenariat avec l’entreprise montpelliéraine Urbasolar. Cette dernière a financé l’installation des 10 960 panneaux solaires recouvrant intégralement les 2 hectares de toits. Non sans avoir, au préalable, pris en charge les travaux de renforcement des charpentes nécessaires pour supporter le poids des panneaux cristallins.
L’investissement total s’élève à 8 millions d’euros, sans un seul centime de subventions publiques. Urbasolar exploitera la centrale photovoltaïque pour les vingt ans à venir.
La Cofra, de son côté, récupérera les « loyers » de ses toitures et allégera ses coûts de fonctionnement, avec la perspective d’offrir une meilleure rémunération à ses adhérents.
« Le solaire, c’est l’avenir » Dans ce partenariat, donc, tout le monde est gagnant… « Y compris l’environnement », n’a pas manqué de dire le représentant d’Urbasolar, pointant les perspectives prometteuses du solaire. Pour exemple, les seuls toits de la Cofra seront en capacité de produire chaque année l’équivalent de 40 % de la consommation de la population d’Aiguillon (4 300 habitants).
Un argument plus que séduisant à l’heure où le débat sur la sortie du nucléaire est dans tous les esprits. Les élus présents samedi (Jacques Bilirit pour le Conseil général, Matthias Fekl pour le Conseil régional), n’ont pas manqué de souligner tous les espoirs qu’autorisaient ces technologies énergétiques « même si, c’est entendu, on ne pourra pas sortir du nucléaire du jour au lendemain ».
Enthousiaste lui aussi, mais sans doute un peu plus nuancé sur le sujet, le député Michel Diefenbacher rappelait, pour sa part, que des progrès restaient à faire dans le stockage de l’électricité.
Pour lui, à ce jour, le solaire est un complément énergétique fort intéressant, mais pas la panacée universelle, dans la mesure où, soleil oblige, il ne produit pas en continu…
CHRISTINE Caubet-Boullière 5/12/2011 - Sud Ouest