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Urbasolar partenaire exclusif du groupe La Poste / Juillet 2011

"Sur un marché solaire français difficile, c’est un beau relais de croissance pour l’entreprise", estime Stéphanie Andrieu, directrice générale d’Urbasolar. Au terme d’un appel d’offres de plus d’un an qui a mobilisé plus de dix candidats, la société de Montpellier (Hérault) vient de signer un accord avec Poste Immo, la filiale immobilière de La Poste, pour équiper son parc immobilier de toitures photovoltaïques. Le marché est potentiellement gigantesque : Poste Immo gère en tant que foncière et prestataire de services 13 000 bâtiments et 7,6 millions de mètres carrés ! Un troisième acteur intervient dans cet accord : Crédit Agricole Private Equity, actionnaire d’Urbasolar depuis 2009 et bailleur de fonds important dans les énergies renouvelables en France, qui apportera les financements nécessaires pour les centrales. Pour Urbasolar, cet accord devrait permettre de créer une quinzaine d’emplois dans les prochains mois. Concrètement, l’accord débouche sur la création d’une société de développement, Arkasolia, dont Poste Immo possède 50% du capital. L’autre partie est détenue par Urbasolar (pour la plus grosse part) et Crédit Agricole PE (CAPE). Arkasolia sera chargée d’analyser le parc immobilier de La Poste pour déterminer la pertinence de l’installation de centrales PV et pour les développer le cas échéant. Une société d’investissement sera ensuite montée pour financer, construire et exploiter des lots de centrales. L’actionnaire majoritaire en sera le fonds Capenergie 2 de CAPE, Poste Immo et Urbasolar en étant des actionnaires minoritaires.

Un premier lot de 30 centrales

Un premier lot de 30 centrales, représentant quelque 3 MW de puissance installée et un investissement de 10 millions d’euros, a d’ores et déjà été défini, la plupart se situant dans le sud de la France. Les permis de construire ont été obtenus, une grande partie des propositions techniques et financières a été validée avant le moratoire. Pour les quelques autres, les centrales de plus de 100 kW, comme celles couvrant des entrepôts ou des centres de tri, seront soumises au dispositif des appels d’offres toujours en discussion. Les premières installations entreront en service début 2012. L’accord entre les trois partenaires aurait d’ailleurs dû être signé juste avant l’entrée en vigueur du moratoire. "Son instauration nous a contraints à revoir l’ensemble du dossier, nous avons pris six mois de retard", observe la directrice générale.

Un chiffre d’affaires en hausse de 25%

Après cette première vague de 30 projets, deux autres lots sont déjà dans les tuyaux pour les prochains mois. "C’est un partenariat de long terme, qui porte sur plusieurs dizaines de MW dans les prochaines années", souligne Serge Savasta, responsable de l’activité énergies renouvelables de CAPE. Et nous sommes prêts à investir une dizaine de millions en fonds propres dans les 4 à 5 ans pour renforcer le partenariat ». Malgré les volumes concernés, Urbasolar ne compte pas signer d’accords-cadres avec des fournisseurs. "Compte-tenu de la baisse continue du prix des panneaux, ce ne serait pas notre intérêt, estime Stéphanie Andrieu. De plus, les solutions techniques seront nombreuses compte-tenu de la diversité du parc immobilier de La Poste : nous aurons à installer des centrales sur des toitures en pente, d’autres sur des bâtiments au coeur des villes…" Cet accord offre en tout cas à Urbasolar une belle opportunité de développement. Fondée en 2006 et spécialisée dans les centrales intégrées au bâti, la PME résiste déjà plutôt bien à la crise et a annoncé en mai dernier un accord avec le fonds Viveris pour la construction de 12 centrales PV intégrées au bâti. "Nous avons maintenu notre croissance malgré le contexte grâce à un carnet de commandes bien rempli. Nous devrions réaliser un chiffre d’affaires de 50 millions d’euros cette année, après 40 millions en 2010", indique Stéphanie Andrieu. Et la PME, qui emploie 65 personnes, compte recruter une quinzaine de salariés pour répondre au contrat signé avec La Poste.