Le secteur agricole doit faire face à de nombreux défis, notamment liés au changement climatique – événements climatiques extrêmes, apparition de nouvelles maladies, etc. – affectant aussi bien les animaux que les cultures.
Les structures proposées dans le cadre de projets agrivoltaïques, telles que les ombrières photovoltaïques, peuvent apporter des solutions à ces problématiques.
Eclairage avec Noëllie Gelin, ingénieure agrivoltaïsme
- Concrètement, quels avantages agronomiques apportent des ombrières photovoltaïques pour une exploitation agricole spécialisée dans l’élevage bovin ?
Les ombrières photovoltaïques apportent des bénéfices agronomiques directs pour un élevage bovin. Elles réduisent le stress thermique en été grâce à l’ombre qu’elles apportent. En effet, les périodes de canicule peuvent affecter l’ingestion et la rumination, ce qui peut potentiellement induire une chute de production laitière ou du GMQ (gain moyen quotidien). Le microclimat plus frais et moins venté diminue l’évapotranspiration, préserve l’humidité des sols ce qui peut prolonger la repousse des prairies, avec moins d’échaudage. Les rangées offrent aussi un abri contre les pluies battantes et le vent, ainsi qu’une température légèrement plus élevée lors des gels radiatifs, sécurisant les jeunes repousses. Enfin, les aménagements associés (clôtures renforcées, caméras, points d’eau et aires de repos adaptées) améliorent la répartition et le confort du troupeau. Pour les élevages laitiers, cela permettrait surtout une meilleure stabilité de la production et du confort même en période chaude ; en bovins viande, des performances de croissance plus régulières.
- Quels aménagements prenez-vous en compte dans la conception d’un projet agrivoltaïque ?
Nous concevons chaque projet agrivoltaïque en co‑conception avec l’agriculteur, avec un objectif prioritaire : faciliter son travail au quotidien, réduire au maximum les contraintes opérationnelles et garantir un excellent confort pour les bovins. Concrètement, nous adaptons la géométrie de l’installation, la hauteur sous panneaux (généralement 2,44 m au point bas des modules) et l’espacement entre les rangées (minimum 12 m) pour permettre la circulation des engins agricoles et des troupeaux. Nous aménageons également des pistes de circulation dédiées aux bovins, avec un revêtement adapté ; des aires de repos et de grattage ; des abreuvoirs, râteliers et points de contention positionnés aux endroits les plus pertinents ; des protections de câbles et de structures pour assurer la sécurité des animaux. Des études acoustiques sont également menées pour garantir un environnement sonore confortable et limiter tout facteur potentiellement stressant lié au fonctionnement des équipements. Cela permet d’éviter les goulots d’étranglement et de mieux répartir la pression de pâturage. Nous pouvons aussi créer des paddocks avec clôtures électrifiées afin de faciliter la mise en place d’un pâturage tournant lorsque cela est nécessaire. Enfin, l’accès maintenance, le raccordement et la signalétique sont pensés pour permettre des interventions rapides, sans perturber le troupeau ni le travail de l’agriculteur.
- Quelles innovations sont intégrées aux projets que vous développez ?
Nous utilisons des fondations sans béton pour limiter l’impact sur les sols. Cette solution permet d’éviter les tassements, de préserver la qualité de la terre et de réduire l’empreinte carbone du chantier. Elle supprime aussi les risques de coulées et de lessivage associés aux massifs en béton. Ces fondations s’adaptent aux caractéristiques du terrain, comme la portance, le drainage ou la présence de zones humides. Elles rendent également les chantiers plus rapides et facilitent le démantèlement ainsi que la remise en état des parcelles en fin de vie de la centrale solaire, tout en conservant une installation solide et durable.
