« Une centrale solaire au sol est avant tout un projet de territoire »

24 mars 2026
France, Bouches-du-Rhône (13), Gardanne, exercice sécurité incendoe avec les pompiers du 13.  Centrale photovoltaïque de Gardanne. Urbasolar

Quand une commune souhaite se lancer dans un projet de centrale solaire, elle fait face à un certain nombre de questions.   

Découvrez l’éclairage complet avec Anaïs Cazeneuve, cheffe de projets développement chez Urbasolar, qui revient sur les bonnes pratiques, les défis et les clés de réussite d’un projet photovoltaïque ancré dans son territoire !

  • Peut-on installer des centrales solaires partout ?

Le développement de centrales photovoltaïques – qu’elles soient au sol, flottantes ou agrivoltaïques – vise à convertir un site en source de production d’énergie renouvelable. En théorie, on peut envisager des projets solaires sur l’ensemble du territoire français, à condition que le site soit suffisamment ensoleillé et offre une surface adaptée. D’ailleurs, aujourd’hui, avec les nouvelles générations de panneaux solaires, on arrive à produire de l’électricité en quantité intéressante de plus en plus au Nord, ce n’est donc plus réservé au Sud de la France !
En pratique, certains types de terrains sont particulièrement propices : les anciennes décharges, les aérodromes désaffectés, les délaissés fluviaux, portuaires, routiers ou ferroviaires, les friches industrielles ou naturelles, les zones à urbaniser mais également les plans d’eau artificiels.
Les projets agrivoltaïques mêlant activité agricole et production d’énergie, ouvrent de nouveaux terrains puisque les structures solaires s’adaptent aussi bien à l’élevage, qu’à la production de cultures (maraichage, viticulture, fourrage, etc.).

Mais attention, tous les terrains ne sont pas éligibles. Ils doivent répondre à des critères techniques et environnementaux précis, et font l’objet de nombreuses études sur plusieurs années : étude biologique du site, étude paysagère, étude de topographie, étude hydraulique, etc.

En somme, le photovoltaïque ne peut pas s’implanter partout, mais la France dispose d’un gisement foncier considérable, à condition de bien cibler les sites et de respecter les critères réglementaires.

 

  • Les projets photovoltaïques s’inscrivent dans un territoire, une commune, quelles sont les principales préoccupations des habitants face à un projet photovoltaïque?

Lorsqu’une commune s’engage dans le développement d’une centrale photovoltaïque au sol, c’est souvent le reflet d’une volonté politique forte : celle de faire de son territoire un acteur de la transition énergétique. Mais pour que ce projet devienne un véritable levier local, il doit être partagé, compris et porté par les habitants.

Chaque projet solaire induit des transformations : changement d’usage du terrain, évolution du paysage, impacts potentiels sur la biodiversité… Ces modifications suscitent naturellement des interrogations, voire des inquiétudes. Les préoccupations les plus fréquentes concernent l’impact visuel de la centrale et les nuisances sonores, notamment pendant les travaux. Il est important de rappeler qu’une centrale photovoltaïque, une fois en fonctionnement, est totalement silencieuse et que nous portons une attention particulière à son intégration paysagère avec par exemple la plantation de haie d’essences locales tout autour du site, ou la limitation en hauteur de la taille des installations.

Notre rôle est d’instaurer un dialogue transparent et pédagogique. Cela passe par des rencontres avec les riverains, des permanences publiques, des réunions d’information. Nous expliquons l’implantation du projet, le calendrier des travaux, les études environnementales menées en amont, et les mesures prises pour limiter les impacts à long terme. C’est là que la concertation citoyenne prend tout son sens. L’objectif est de faire de chaque centrale solaire un projet de territoire, co-construit avec ses habitants. En les associant dès les premières étapes, on transforme une infrastructure énergétique en démarche citoyenne, porteuse de sens et de bénéfices partagés.

 

  • Quelles sont les retombées pour la commune d’un projet photovoltaïque ?

Un projet photovoltaïque apporte de nombreuses retombées positives pour une commune, à la fois économiques, environnementales et sociales.

Sur le plan économique, la collectivité bénéficie de plusieurs sources de revenus :

  • Le loyer versé pour l’occupation du terrain, lorsque la commune est propriétaire du terrain
  • La taxe d’aménagement perçue à la mise en service,
  • La taxe foncière,
  • L’IFER (Imposition Forfaitaire sur les Entreprises de Réseaux), versée chaque année.

Ces ressources peuvent être réinvesties localement dans des projets d’intérêt général.

Au-delà de l’aspect financier, le projet peut aussi permettre la dépollution ou la remise en état de terrains dégradés ou artificialisés, leur redonnant une valeur d’usage à travers une démarche vertueuse. Il contribue également à l’atteinte des objectifs nationaux et régionaux en matière d’énergies renouvelables et de réduction de gaz à effet de serre, notamment ceux du SRADDET.

Une centrale photovoltaïque au sol est exploitée pendant environ 30 ans : c’est donc un engagement sur le long terme, qui s’inscrit pleinement dans la vie du territoire. Elle permet une production locale d’énergie verte, et s’intègre dans une logique de projet de territoire.

Enfin, grâce au financement participatif, les habitants peuvent aller plus loin en investissant dans la centrale et en devenant acteurs du projet, renforçant ainsi leur implication et leur sentiment d’appartenance.

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