Heidelberg Materials, leader des matériaux de construction, exploite plus de 300 sites en France, dont une centaine de carrières. Comme l’ensemble de la filière, l’entreprise doit repenser l’avenir de ses sites en fin d’exploitation. Pour sept d’entre eux, elle a choisi d’engager une reconversion vers les énergies renouvelables en les transformant en centrales solaires, en partenariat avec Urbasolar.
Eclairage avec Paul Porcheray, Directeur Achats et Logistique France du groupe Heidelberg Materials.

1) Qu’est‑ce qui a motivé ce choix stratégique pour Heidelberg Materials ?
Notre partenariat avec Urbasolar s’inscrit dans une stratégie claire : contribuer activement à la feuille de route nationale sur les énergies renouvelables, tout en réduisant l’empreinte carbone de notre industrie. Nous souhaitons donner un second souffle à nos espaces fonciers en fin d’exploitation en les transformant en espaces de production d’énergie propre. Ce choix n’est pas dicté par des considérations locatives, mais par la volonté de créer une valeur durable, sociétale et environnementale. Ces projets renforcent également notre ancrage territorial et démontrent qu’un industriel peut être moteur de la transition énergétique.
2) Quels types de sites ont été retenus et selon quels critères ?
Nous avons sélectionné des carrières en fin d’exploitation ou des fonciers dont les usages industriels décroissent. Les critères portent sur leur potentiel solaire, leur compatibilité environnementale et leur capacité à accueillir des projets générateurs de valeur pour les territoires. Nous veillons à privilégier des terrains où l’intégration paysagère est optimale et où la reconversion peut renforcer biodiversité et continuités écologiques. L’objectif est de sélectionner des sites capables d’accueillir des projets EnR exemplaires, reproductibles et acceptés localement.
3) Quels bénéfices voyez-vous dans la transformation de ces sites en espaces solaires ?
La reconversion permet d’insuffler une nouvelle vie à des surfaces autrefois dédiées à l’extraction, en créant des espaces productifs d’énergie renouvelable. Elle favorise la restauration écologique, l’amélioration de la biodiversité et la réduction de l’empreinte carbone globale des territoires. Ces projets contribuent à stabiliser l’approvisionnement énergétique local tout en évitant l’artificialisation de nouveaux sols. Enfin, ils incarnent une transition responsable entre l’histoire industrielle du site et son avenir durable.
4) En quoi ces centrales solaires contribuent-elles au développement des territoires ?
Elles génèrent des retombées positives : activité économique locale, revenus indirects, mise en avant du savoir-faire régional et participation à la souveraineté énergétique. Le partenaire sélectionné doit être en mesure d’intégrer et de déployer des volets sociétaux, comme l’insertion professionnelle et des programmes pédagogiques autour de la transition énergétique. Ces projets deviennent ainsi des leviers de valorisation durable, renforçant le lien entre nos sites, les collectivités et les habitants. Ils contribuent à une dynamique territoriale vertueuse, au-delà de la seule production d’énergie.
5) Quel(s) conseil(s) donneriez‑vous à un industriel souhaitant reconvertir ses sites ?
Commencer par clarifier un objectif : créer de la valeur durable, pas simplement optimiser un terrain. Impliquer très tôt les acteurs locaux pour garantir l’adhésion et coconstruire une solution adaptée aux besoins du territoire. Intégrer des dimensions environnementales et sociétales fortes, car elles transforment un projet énergétique en véritable succès territorial. Enfin, s’appuyer sur des partenaires spécialisés et expérimentés pour sécuriser la démarche et assurer des retours d’expérience positifs.